Du 21 au 28 mai 2011

Mai 2011 : Pour l’abolition de la viande

« On ne doit pas maltraiter ou tuer des animaux sans nécessité »

Comme vous le savez, la Semaine Mondiale d’actions pour l’Abolition de la Viande de fin janvier, qui a été un succès, a été organisée dans les deux Amériques, en Asie et en Europe.

Une prochaine Semaine d’actions est prévue du 21 au 28 mai 2011.

Comme les autres, elle a pour but de promouvoir encore et toujours l’idée que la production et la consommation de chair animale doivent être abolies.

Nous agirons tant que cela restera nécessaire.

Triste constat : alors qu’ils représentent la quasi-totalité des animaux exploités, les animaux utilisés pour devenir de la nourriture sont extrêmement invisibilisés.

C’est à nous, par nos actions militantes, de rendre visibles leur existence, leur destin misérable et les perspectives pour mettre fin à leur massacre. C’est à nous de clamer qu’il est nécessaire, au niveau moral, d’abolir l’exploitation des animaux utilisés pour leur chair.

Appel pour la SMAV du 21 au 28 mai 2011

Comme vous le savez, la Semaine Mondiale d’actions pour l’Abolition de la Viande de fin janvier, qui a été un succès, a été organisée dans les deux Amériques, en Asie et en Europe.

Une prochaine Semaine d’actions est prévue du 21 au 28 mai 2011.

Comme les autres, elle a pour but de promouvoir encore et toujours l’idée que la production et la consommation de chair animale doivent être abolies.

Nous agirons tant que cela restera nécessaire.

Nos sociétés doivent se prononcer sur le caractère injustifiable, d’un point de vue éthique, de cette consommation : elle implique de sacrifier les intérêts fondamentaux d’un très grand nombre d’êtres sensibles alors qu’elle n’est en rien nécessaire.

Il s’agit d’affirmer haut et fort que non seulement il est du devoir de tous les individus d’arrêter de cautionner l’exploitation meurtrière nécessitée par la consommation de chair animale et de « sous-produits » animaux, mais qu’il est également du devoir des sociétés dans leur ensemble de se prononcer, par conséquent, pour une interdiction de l’élevage, de la pêche et de la chasse.

Résolution

Parce que la production de viande implique de tuer les animaux que l’on mange,

parce que nombre d’entre eux souffrent de leurs conditions de vie et de mise à mort,

parce que la consommation de viande n’est pas une nécessité,

parce que les êtres sensibles ne doivent pas être maltraités ou tués sans nécessité,
l’élevage, la pêche et la chasse des animaux pour leur chair, ainsi que la vente et la consommation de chair animale, doivent être abolis.


Présentation

La thèse défendue ici est qu’il faut dès maintenant œuvrer explicitement à l’interdiction légale de la production et de la consommation de chair animale. C’est à la fois une mesure nécessaire et une mesure qu’il est possible d’obtenir sans attendre une révolution des mentalités ou de l’organisation de nos sociétés.

« On ne doit pas maltraiter ou tuer des animaux sans nécessité » : partout dans le monde, ce précepte fait partie de la morale commune. Partout dans le monde, la consommation alimentaire de produits animaux est la cause principale pour laquelle des humains maltraitent et tuent des animaux, sans nécessité. Le précepte précité n’est pas dénué d’impact : des personnes refusent de consommer des produits d’origine animale, d’autres réduisent leur consommation de viande, d’autres encore choisissent des produits issus d’élevages offrant quelques garanties sur le traitement des animaux ; des pays adoptent quelques lois protégeant les animaux d’élevage. Mais cela ne suffit pas à inverser la tendance : le nombre d’animaux élevés et pêchés dans le monde croît inexorablement, tandis que l’élevage industriel se généralise. Il est illusoire d’attendre que les dispositions adoptées en faveur du bien-être animal finissent par assurer des conditions de vie et de mort décentes aux milliards d’animaux mangés chaque année : les éleveurs peuvent difficilement se résoudre à faire passer le bien-être des bêtes avant la rentabilité de leur exploitation, et on ne dispose ni des espaces ni de la main d’œuvre requis pour traiter tant d’animaux avec soin.

La prise de conscience du fait que la production de chair animale a un impact environnemental désastreux ne conduira pas nécessairement à une amélioration du sort réservé aux bêtes : si l’intérêt des animaux n’est pas pris en compte en tant que tel, cette prise de conscience peut au contraire déboucher sur une intensification de l’élevage.

Le contraste entre les devoirs que les humains reconnaissent avoir envers les bêtes et la façon dont ils les traitent concrètement n’implique pas que les bonnes intentions affichées ne soient qu’hypocrisie. Ce contraste nous apprend toutefois que les changements spontanés de comportement des consommateurs ne constituent pas une force suffisante pour mettre fin à la boucherie. Il y a des raisons à cela. C’est par ailleurs une situation très commune : on ne réussit pas non plus à résoudre les problèmes de l’insécurité routière, de la pollution, de la misère humaine, de la maltraitance des enfants… en comptant uniquement sur la capacité de chacun à modifier ses habitudes pour y porter remède, même lorsqu’il qu’il est largement admis qu’il s’agit de maux.

Pour mettre un terme au sort hideux réservé aux animaux mangés, il faut que la question soit portée (aussi) au niveau politique. Il s’agit d’enclencher un processus qui s’achèvera par l’adoption de lois interdisant la prédation (chasse, pêche) et la production (élevage) d’animaux pour la consommation humaine. Les institutions publiques ont également un rôle à jouer dans la reconversion des travailleurs dont le revenu dépend de ces activités. Ce processus commence par l’expression publique de la revendication d’abolition de la viande.

Inscrire le projet d’abolition dans le présent

La revendication d’abolition de la viande n’amenuise-t-elle pas ses chances d’entrer sur le terrain politique par le fait que l’exigence formulée ne saurait être satisfaite dans un futur proche ? Aucun parlement ou gouvernement ne décidera à brève échéance d’interdire l’usage alimentaire des animaux ; aucun parti politique d’importance ne l’inscrira aujourd’hui à son programme. Dès lors, si on conçoit le mouvement comme ne revendiquant rien d’autre que l’événement qui marquera son aboutissement (l’interdiction totale), il risque de n’avoir que peu de prise sur les thèmes d’actualité qui font le tissu de la vie politique courante. Mais il n’y a pas de raison qu’il en soit ainsi. Il y a une foule de mesures partielles qui sont cohérentes avec la marche vers l’abolition : faire reculer et disparaître les subventions à l’élevage et la pêche, taxer la viande, faire respecter le droit de non viande (possibilité de repas sans produits animaux dans la restauration collective), faire régresser l’orientation de jeunes vers les métiers de l’élevage et de la pêche (et métiers associés en amont et aval), empêcher des ouvertures ou extensions d’élevages, contrer la propagande présentant les produits animaux comme indispensables à la santé, obtenir l’interdiction de produire et d’importer tel type de viande obtenu dans des conditions particulièrement atroces… Des entreprises, des réseaux de distribution, des particuliers peuvent créer des zones de non viande sur le territoire dont ils sont maîtres.

Soutenir l’abolition de la viande n’implique pas en soi la rupture avec les acteurs engagés dans la lutte pour des améliorations ponctuelles des conditions d’élevage et dans la contestation de l’élevage industriel43 : ils sont une des expressions de l’attention portée au sort des animaux dans nos sociétés ; au demeurant, s’attaquer à l’élevage industriel, c’est remettre en cause la quasi-totalité de l’élevage. Sur le terrain, bien des convergences sont possibles, du moment qu’elles ne conduisent pas à entretenir l’illusion selon laquelle on serait en bonne voie d’assurer le bien-être généralisé dans les élevages.

La revendication d’abolition de la viande ne fait pas passer au second plan l’effort d’information mené en direction des consommateurs afin qu’il soient plus nombreux à refuser les produits animaux. Le but n’est pas de lui préférer une approche plus « collective » du problème : il n’y a pas d’évolution collective qui puisse se bâtir autrement qu’en gagnant le soutien des individus qui composent la société. Le but est de s’adresser aux individus en tant que consommateurs et citoyens, afin que les deux approches se renforcent mutuellement.

Les associations animalistes ont déjà entrepris d’agir aux différents niveaux où des décisions sont prises : les particuliers, les institutions politiques, les autres organisations (entreprises, instituts de recherche, associations…). La tâche du mouvement pour l’abolition de la viande n’est pas de proposer un bouleversement dans les méthodes employées ou les campagnes menées, même si des thèmes nouveaux viendront s’y ajouter. Sa tâche première est de favoriser la réinterprétation d’une multitude de démarches déjà en place et d’y associer de nouveaux acteurs. Au-delà de leur objectif immédiat, nombre de ces actions prendront sens comme étant des pas vers l’abolition de la viande, parce que cet horizon aura été explicitement fixé et sera entré dans la vie publique comme un des candidats (sérieux) au rôle d’avenir possible.

L’abolition n’arrivera pas insensiblement à pas de fourmi successifs. Il y aura à un moment une accélération et un « saut » avec l’adoption de l’interdiction pure et simple. Mais avant ce jour, nombre de mesures partielles peuvent constituer des signes (et des progrès effectifs) qui rendent de plus en plus crédible, palpable, qu’on tend vers l’abolition de la viande. Elles préparent l’acceptation, la volonté d’en finir avec le sacrifice des animaux à des fins alimentaires.

Le mouvement pour l’abolition de la viande, c’est aussi la parole : il existe par le fait que des individus et des organisations se déclarent favorables à l’interdiction de la consommation de chair animale. Il existe dès lors que cette prise de position est vécue comme autre chose que la formulation d’un de ces vœux sur un monde meilleur dont on ne croit pas soi-même qu’ils soient destinés à se réaliser.

Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles

L’abolition de la viande s’inscrit dans une démarche réformatrice. Le projet n’exige pas de révolutionner de fond en comble les croyances et relations sociales pour instaurer un ordre radicalement nouveau. Il s’agit d’apporter une réponse opératoire à un problème concret : le sort hideux réservé jusqu’ici aux animaux mangés. La disposition requise favorise par ailleurs la sauvegarde d’habitats nécessaires à la vie d’animaux sauvages ; elle contribue à la résolution de problèmes alimentaires et sanitaires concernant les humains, ainsi qu’à la préservation de la planète dans l’intérêt de ses habitants futurs.

Ce qui est utopique, ce n’est pas d’abolir la viande, c’est de prétendre qu’on s’achemine vers la garantie de conditions de vie et de mort décentes pour les animaux élevés, chassés ou pêchés. C’est cela qui relève d’une posture idéologique délirante – a fortiori dans un contexte où la maîtrise des dégâts environnementaux d’une production de viande en pleine expansion menace de devenir un facteur supplémentaire d’intensification de l’élevage.

Bien que limité dans son objet, le projet d’abolition de la viande ne vise pas moins que le plus grand recul de la souffrance et de la mort jamais accompli. Par son but, et par la façon dont on cheminera vers ce but, il ouvre la voie à une civilisation plus attentive à tous les êtres sentants affectés par nos choix. Au terme du voyage, il y aura beaucoup moins que le paradis ; mais ce ne sera déjà pas si mal en tant qu’aboutissement d’une revendication circonscrite.

Lire la suite de la brochure « Abolir la viande » ci-dessous (visionneur Scribd) :

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Mis en ligne par La rédaction
 18/05/2011

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