Arrestations, séquestrations et censure des médias
Vers une insurrection populaire ?

« La police tire à balles réelles sur tous ceux qui sont descendus dans la rue. Les événements prennent la tournure d’une insurrection populaire. »

« La police congolaise a ouvert le feu lundi à Kinshasa pour disperser plusieurs milliers de sympathisants de l’opposition. »

« Ces heurts ont notamment eu lieu dans les environs de la place Victoire, coeur de la »Cité« , et près du campus de l’Université de Kinshasa (Unikin), dans le sud de la capitale, alors que l’opposition veut manifester aujourd’hui devant le Parlement contre le projet de loi électorale en cours d’examen. Dans les deux cas, des policiers tirant des grenades lacrymogènes étaient opposés à plusieurs centaines d’étudiants, dont certains lançaient des pierres. »
— Le Figaro

Après l’adoption samedi 17 janvier de la loi électorale par l’Assemblée nationale, dès ce lundi le Sénat étudie à son tour ce texte qui lie la tenue des prochaines élections législatives et présidentielle aux résultats du recensement général. Un projet susceptible d’aboutir au report des scrutins prévus pour fin 2016 et au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

Des images et des vidéos des manifestations et de sa répression sont publiées sur les réseaux sociaux.

•• La situation mise à jour régulièrement sur le site democratiechretienne.org :

- Mise à jour de 15h03
Le Président du Sénat suspend la plénière en cours et l’examen de la loi électorale

- Mise à jour de 14h47
La place de la Victoire désertée par la police et occupée par les manifestants

- Mise à jour de 13h53
La police de Kabila débordée fait appel à l’armée

- Mise à jour de 12h52
Les balles crépitent sans arrêt. Les étudiants ont saccagé les bureaux d’Evariste Boshab, partisan de la révision constitutionnelle et à la base du projet de loi électoral

- Mise à jour de 12h19
Des militaires se seraient joints aux manifestants à Kinshasa

- Mise à jour de 11h49
Premiers bilan des affrontements à L’UniKin : plus de 20 blessés et 13 morts. La marche continue


Les leaders de l’opposition déplorent déjà, depuis lundi 12 janvier des répressions inadmissibles de la police en RDC.

Lundi dernier, les manifestants contestant le vote de la loi électorale qui selon eux va permettre au président Joseph Kabila de rester à la tête du pays au-delà de la fin de son deuxième quinquennat, fin 2016, ont en effet été brutalement réprimées par la police congolaise.

La veille, déjà, une manifestation similaire avait été dissoute à coups de gaz lacrymogènes.

Depuis plusieurs jours, et alors que le Sénat doit examiner aujourd’hui le texte voté par l’Assemblée samedi dernier, certains s’inquiètent de voir la situation évoluer de façon insurrectionnelle « à la Burkinabé » :

Ghislain Gamètre, un cadre de l’UNC, montrait une pancarte : « La République est en danger ». « Nous craignons que ce qui s’est fait au Burkina Faso se fasse ici », a-t-il justifié, en référence à la révolte qui avait chassé fin octobre le président burkinabé Blaise Compaoré.
— Habibou Bangré, Le monde

Les chefs de l’opposition promettaient lundi dernier de manifester chaque jour, « jusqu’à ce que la loi électorale ne menace plus la tenue de la présidentielle en 2016 ».

La police congolaise tire sur les manifestants

« Depuis ce matin, le moindre rassemblement est systématiquement dispersé par la police, parfois de façon violente. Les forces de l’ordre ont même tiré à balle réelle sur les manifestants » rapporte RFI.

Selon l’AFP, la police congolaise a tiré quelques coups de feu lundi matin pour disperser plusieurs milliers d’étudiants qui manifestent dans le sud de la ville. Un blessé par balles a été vu par une journaliste de l’AFP. Plusieurs témoins ont indiqué avoir vu un second blessé.(...)

Des manifestations ont également été signalées à Goma, la principale ville de l’est du pays, où un journaliste de Reuters a signalé deux personnes au sol, également touchées par balles.
— Le Monde avec AFP

La police a tiré sans sommation, comme à l’accoutumée, des gaz lacrymogènes. La foule a fui dans l’enceinte des partis alentours. À plusieurs reprises, les opposants se sont regroupés, avant d’être à nouveau dispersés.

Alors que le président angolais Edouardo Dos Santos est arrivé ce lundi 19 janvier à Kinshasa, la situation dans la capital congolaise, comme dans d’autres grandes villes du pays, reste très tendue.

Une insurrection populaire ?

Depuis l’aube, les villes de Kinshasa et de Goma sont en ébullition et manifestent contre le pouvoir et contre l’adoption frauduleuse d’une loi électorale visant le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila au delà des deux mandats établis par la Constitution. Suite à la répression féroce de la police qui tire à balles réelles sur tous ceux qui sont descendus dans la rue, les événements prennent la tournure d’une insurrection populaire.
— L’Agence d’information, 19/01.2015

Arrestations, séquestrations et censure des médias

Des organisations de la société civile se disent très inquiètes des violations des libertés et droits fondamentaux reconnus aux citoyens en République démocratique du Congo (RDC).

« Le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), Vital Kamerhe, a affirmé, mardi 13 janvier, qu’il y a une centaine de partisans de l’opposition arrêtés par la police. »
— Radio Okapi

Le gouvernement a interrompu le signal de deux chaînes de télévision privées, Canal Kin Télévision et Radiotélévision catholique Elikya depuis vendredi 16 janvier. « Il reproche à ces médias d’avoir relayé le message des opposants qui avaient appelé la population à manifester au siège du Parlement contre la loi électorale adoptée samedi à l’Assemblée nationale et dont l’examen au Sénat est prévu ce lundi. » [1]

Certains opposants qui avaient prévu de marcher ce lundi affirment avoir été séquestrés dans les sièges de leurs partis politiques : « le député national de l’opposition Franck Diongo, président du MLP, affirme que le siège de son parti a été cadenassé de l’extérieur pour empêcher ses militants d’en sortir », ce que dément le porte parole du gouvernement, Lambert Mende.



Mis en ligne par :   La rédaction

septembre 2017
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