Dossier « Burundi » de la revue La Nuit rwandaise :

Appel - Pour en finir avec la terreur d’État au Burundi

Le 28 août 2000, l’accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi, signé après deux années de médiation de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, enrayait la logique d’une trop longue guerre civile.

Cet accord ouvrait au peuple burundais l’espoir de vivre dans un pays démocratique capable d’endiguer les démons de l’ethnisme qui ont conduit trop souvent ce pays au bord des génocides.

Premier président élu sur la base de cette espérance en 2005, Pierre Nkurunziza se sera appliqué depuis lors à renier l’ensemble des dispositions des accords d’Arusha et à bafouer la constitution burundaise en extorquant un troisième mandat présidentiel en 2015.

Gouverner par la terreur

Par Jean-Luc Galabert & Luigi Elongi

Que reste-t-il des accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation signés le 28 août 2000 ?

Il n’en reste rien ou si peu à l’heure où, isolé au sein même de son parti, le président burundais Pierre Nkurunziza s’applique à sauver son pouvoir par la terreur et le quadrillage du territoire par les milices imbonerakure et les services de renseignement.

À l’heure où la France reste l’un des derniers soutiens du régime inique et où l’argent des « missions de paix » des Nations-Unies et de l’OUA rétribue les pires criminels du régime burundais, La Nuit Rwandaise fait le point de la situation avec Gratien Rukindikiza l’un des meilleurs analystes de l’histoire contemporaine du Burundi.

Comment recréer un État de droit au Burundi ?

Les représentants de la presque totalité de l’opposition burundaise se sont accordés pour constituer un front uni pour ouvrir une nouvelle page de l’histoire du Burundi.

Réunis à Addis-Abeba ils ont marqué leur détermination en actant la création du Conseil National pour le Respect de l’Accord d’Arusha et de l’État de Droit au Burundi (CNARED) la nuit du 31 juillet au premier août 2015.

La Nuit rwandaise donne la parole à l’un de ses porte-parole, Pancrace Cimpaye, ainsi qu’à Alexis Sinduhije, leader en exil d’un principaux partis d’opposition le Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie (MSD).

Silence ! On détruit l’armée burundaise

Par Gratien Rukindikiza

Avec les Accords d’Arusha, l’armée burundaise avait subi une réforme radicale en intégrant 50 % de Hutu et 50 % de Tutsi, et en relevant le défi de créer un même contingent à partir de combattants auparavant ennemis.

Sa réussite donna corps à l’espoir d’un dépassement des clivages ethniques. Nkurunziza s’emploie à déliter cette institution qui ne lui est pas naturellement acquise en introduisant notamment des chaînes de commandement parallèles.

Le risque est réel que l’Armée burundaise vole en éclat à travers des affrontements meurtriers.

Quelle heure est-il au Burundi ?

Par Philibert Muzima.

« La vingt-cinquième heure, c’est le moment où toute tentative de sauvetage devient inutile. Même la venue d’un Messie ne résoudrait rien. Ce n’est pas la dernière heure, c’est une heure après la dernière heure C’est l’heure actuelle. L’heure exacte. … »
- Virgil Gheorghiu

Du chef d’œuvre du chanteur burundais Barakamfitiye ne reste que la nostalgie, relent d’un patriotisme pour le Burundi, cette patrie qui se meurt. Depuis fin avril 1972 et bien avant en 1965, l’histoire de ce pays est écrite en lettres de sang.

Le Burundi ne cesse d’enterrer ses morts pour ensuite les oublier et laisser leurs massacres impunis. Le sang versé a toujours été suivi d’une impunité qui a nourri la récidive pour les bourreaux, et le sentiment d’injustice et de vengeance pour les victimes. Pour sa part, le pouvoir fait recours à son armée, sa police et ses milices pour mener des répressions sanglantes, des massacres à grande échelle des populations civiles souvent innocentes et des exactions extrajudiciaires.

avril 2017
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