France - Rwanda

Génocide Tutsi : nouvelles preuves sur le rôle de la France (Paul Barril)

EXCLUSIF - Un autre document implique Paris dans le génocide

Des documents saisis chez le capitaine Paul Barril apportent de nouvelles preuves sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi, en 1994, au Rwanda.

Le Parisien (24/01/2013) informait ainsi ses lecteurs du fait que "l’été dernier, à la demande du juge Trévidic, une série de perquisitions menées chez Barril et auprès de son entourage ont permis de mettre la main sur des documents accablants.

Outre la demande de 1000 mercenaires, les enquêteurs ont récupéré des factures d’armes, de munitions et d’hommes, liées à « un contrat d’assistance » passé entre Barril et le gouvernement rwandais et daté du 28 mai 1994. Cartouches, obus, mortiers, grenades… le montant global dépasse les 3 M$."

EXCLUSIF : Un autre document, publié par Jean-François Dupaquier sur le site Afrikarabia, implique Paris dans le génocide : « Après les révélations du Parisien, Afrikarabia apporte un autre document accablant contre le capitaine de gendarmerie français Paul Barril. Il apparaît plus que jamais comme l’homme de main de Paris dans le génocide contre les Tutsis du Rwanda en 1994. »

La lettre d’Augustin Bizimana à Paul Barril

"C’est une lettre de quelques lignes, tapée à la machine.

Signée par Augustin Bizimana, le ministre de la Défense rwandais, elle est adressée « au Capitaine Paul Barril ».

"Monsieur,… la situation dans mon pays devient de plus en plus critique…
Vu l’évolution actuelle du conflit, je vous confirme mon accord pour recruter, pour le gouvernement rwandais, 1000 hommes devant combattre aux côtés des Forces Armées Rwandaises.« La missive insiste sur »l’urgence" de la requête. Elle est datée du 27 avril 1994.

A cette date, le génocide rwandais a commencé depuis trois semaines.

(...)

Lorsqu’il est sollicité par le ministre de la Défense rwandais, le capitaine Barril n’est pas n’importe qui.

"Paul Barril, à cette époque, c’est la France, résume une source judiciaire.
Faire appel à lui, c’est faire appel à la France."

Ancien patron du GIGN, cela fait déjà plusieurs années que, avec sa société Secrets, Barril travaille dans l’ombre, à la demande de François de Grossouvre (un conseiller de Mitterrand), pour le gouvernement rwandais.

Officiellement, Barril est d’abord chargé d’« une mission d’infiltration » au service du gouvernement rwandais, avant d’être sollicité par la veuve Habyarimana pour enquêter sur les auteurs de l’attentat. Officieusement, son rôle est nettement plus discutable."

Lire l’article d’Elisabeth Fleury sur le site du Parisien


Barril : ça sent la poudre !

par Alain Gauthier, président du CPCR

Le Parisien « révèle » aujourd’hui le rôle qu’aurait pu jouer le capitaine Paul Barril dans le génocide des Tutsi au Rwanda. Ces « révélations » ne surprendront que ceux qui ne le connaissent pas.

La lettre d’Augustin Bizimana, ministre de la Défense du gouvernement génocidaire, adressée à Paul Barril le 27 avril 1994, vient confirmer ce que beaucoup d’entre nous répétions depuis des années : Paul Barril, et donc les autorités politiques françaises de l’époque, a joué un rôle déterminant auprès des autorités politiques rwandaises au pouvoir en 1994.

Sa proximité revendiquée avec madame Habyarimana, la veuve du président assassiné, ses apparitions dans les médias lors de la « découverte » de la boîte noire de l’avion présidentiel, sa présence sur les collines du Rwanda en avril 1994, tout cela faisait de lui un témoin privilégié.

Comment imaginer que la Mission d’enquête parlementaire n’ait pas exigé qu’il vienne témoigner ?

Nous aurions même souhaité, il y a bien longtemps, que l’ancien patron du GIGN soit soumis au détecteur de mensonges tellement nous avions la certitude qu’il en savait beaucoup plus qu’il ne le prétendait. La découverte de documents compromettants saisis à son domicile ramènent le capitaine Barril sur le devant de la scène.

Le Parisien précise que, « outre la demande de 1000 mercenaires » réclamés par Augustin Bizimana, « les enquêteurs ont récupéré des factures d’armes, de munitions et d’hommes, liées à un « contrat d’assistance » passé entre Barril et le gouvernement rwandais et daté du 28 mai 1994″.

Le plus choquant, ce sont les réponses que ce monsieur ose faire au juge Trévidic qui l’interroge : pas de contrat d’assistance, pas de factures… « Tout cela c’est de la mayonnaise africaine ». « Une mayonnaise », conclut le journaliste, « de près d’un million de morts ».

Quel mépris pour l’Afrique et les Africains sur le dos desquels il a bâti sa fortune !

Quel mépris pour les victimes du génocide des Tutsi déjà si durement affectés par les lenteurs de la justice française !

Quand on évoque le nom de Barril, ça sent effectivement la poudre. Le juge Trévidic, qui a pris le contrepied du juge Bruguière, arrivera-t-il à faire parler Paul Barril ? Ce serait souhaitable. Cela permettra-t-il aussi de faire enfin la lumière sur la mort de monsieur de Grossouvre, « suicidé » le 7 avril 1994 dans son bureau de l’Elysée ? Rien n’est moins sûr, mais l’étau se resserre : quel a été le rôle exact des autorités françaises de l’époque dans la mise en place du génocide des Tutsi ?

Souhaitons au juge Trévidic de faire un jour la lumière : mais il ne faudrait plus trop tarder.

Près de vingt ans se sont écoulés et les mémoires défaillent, les rescapés disparaissent, ainsi que les bourreaux.

Qui restera-t-il à juger ?

Les procès attendus contre des présumés génocidaires rwandais présents sur le sol français feront-ils exploser ce baril de poudre sur lequel notre pays s’est assis ?

Alain Gauthier, président du CPCR

www.collectifpartiescivilesrwanda.fr

EXCLUSIF : Un autre document implique Paris dans le génocide des Tutsi

Après les révélations du Parisien, Afrikarabia apporte un autre document accablant contre le capitaine de gendarmerie français Paul Barril. Il apparaît plus que jamais comme l’homme de main de Paris dans le génocide contre les Tutsis du Rwanda en 1994.

Le « Contrat d’assistance » retrouvé dans les archives de l’ancien gouvernement génocidaire à Kigali, capitale du Rwanda, est daté du 28 mai 1994.

Il est signé du « Capitaine Barril », élisant domicile à sa société SECRETS, 12, avenue de la Grande Armée, dans le XVe arrondissement de Paris, et porte une seconde signature : « Son Excellence Monsieur le Premier Ministre » Jean Kambanda.

Ce dernier n’était pas une oie blanche : il purge aujourd’hui une peine de prison à perpétuité pour son rôle dans le génocide des Tutsis et le massacre des Hutus démocrates en 1994.

Lire l’article de Jean-François Dupaquier sur Afrikarabia

1 vote
Mis en ligne par La rédaction
 26/01/2013

 Documents

« Contrat d’assistance » - Paul Barril & Jean (...)
 Afrikarabia - Jean-François Dupaquier

Vos commentaires

Un génocide français ?

Les implications françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Ce dossier reprend le titre du livre de Mehdi Ba, Rwanda, Un génocide français, paru en 1997 chez L’Esprit Frappeur.

Nouveautés sur le Web 

 cette semaine: 3 articles référencés

Pourquoi M.Darmanin, ministre de l’Insécurité, doit nous quitter

  28/11 | Nous vivons une ère marquée par le risque et l’incertitude, et M.Darmanin s’est comporté comme un ministre de l’Insécurité. Il a tenté de (...)

Au-delà de la gestion de crise, les jours d’après-Covid

26/11 | La difficulté en gestion de crise est qu’il faut se concentrer sur un temps très court, rarement plus de deux semaines, qui finit par (...)

Une mort pour rien ?

25/11 | Un jeune homme, Jallal Hami, est mort lors d’un bahutage à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr. Il n’est pas mort au combat, il n’est pas (...)

La commission d’histoire sur le Rwanda, l’accès aux archives classifiées et le ministère des (...)

21/11 | Pour que les travaux d’éclairage sur la réalité du rôle de la France au Rwanda puissent être menés dans de meilleures conditions que celles (...)

La commission sur le Rwanda se prend les pieds dans l’affaire Julie d’Andurain

15/11 | La commission présidée par Vincent Duclert vient de déclarer que Julie d’Andurain se serait retirée de la commission le 25 août, comme une (...)

Pourquoi Julie d’Andurain n’a plus sa place dans la commission d’histoire sur le (...)

7/11 | Lettre aux historiens et chercheurs qui ont été sollicités pour apporter leur soutien à Julie d’Andurain Bonjour, J’ai mis en cause Julie (...)

Coup de projecteur sur Agathe Kanziga

6/11 | Agathe Kanziga, veuve de l'ancien président rwandais Habyarimana, vient d'être mise sous statut de témoin assisté dans la plainte (...)

Le télétravail, de l’accélération à la fiction

5/11 | Le déploiement du télétravail est un enrichissement des modes de faire, mais le « tout-télétravail » est une fiction qui ne doit pas faire (...)

Lettre ouverte au président de la commission d’histoire sur le Rwanda

1er/11 | Cette commission d’historiens, décidée en 2019 par le président Emmanuel Macron, est présidée par Vincent Duclert. Elle a écarté d’emblée les (...)

Confusion et indignation, défendre la liberté d’expression n’implique pas de promouvoir l’offense (...)

30/10 | si la défense de la liberté d’expression ne se négocie pas dans une démocratie qui se respecte, il ne devrait pas y avoir de confusion avec (...)

Agirc-Arrco : une solution hybride de services physiques et digitaux

29/10 | Par Frédéric COUTARD, directeur de l’offre de services Retraite de l’Agirc-Arrco & Guillaume ANCEL, directeur de la communication de (...)

Rwanda : non-lieu confirmé pour l'enquête hors normes sur l'attentat du 6 avril (...)

3/07 | La cour d'appel de Paris vient de confirmer la décision de non lieu dans l'enquête sur l'attentat du 6 avril 1994 contre (...)

Sites Web 12

Commission d'Enquête Citoyenne

La CEC, Commission d'Enquête Citoyenne sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda « L'horreur qui nous prend au visage » L'État français et le génocide au Rwanda coordonné par Laure (...)

Contre Viols Rwanda

Solidarité avec les femmes tutsies qui ont porté plainte pour viol contre des membres de l’armée française

Expo CEC

Expo CEC Rwanda Petite exposition pédagogique sur la Commission d'Enquête Citoyenne pour la vérité sur l'implication française dans le génocide des Tutsi En image, une synthèse des travaux de la CEC, (...)

France Génocide Tutsi

Base de données sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi Un site de Jacques Morel FgtDb comme France Genocide Tutsi Database est une base de données relative au rôle de la France dans le (...)
France Rwanda Génocide
Les buts de l'association FRG-EJR : Étudier et mettre en oeuvre tous les moyens de poursuivre devant les justices françaises, étrangères ou internationales, les personnes non rwandaises et (...)

Génocide contre les Tutsi : la vérité maintenant

Il y a vingt ans a eu lieu le Génocide contre les Tutsi au Rwanda. Jusqu’à aujourd’hui une partie de la classe politique française continue d’obstruer l’éclatement de la vérité concernant la (...)

Les articles 114

IMG: Félicien Kabuga, l'un des principaux accusés du génocide rwandais, arrêté en France Félicien Kabuga arrêté en France. L’« architecte » financier du génocide perpétré contre les Tutsi était l’un des fugitifs les plus recherchés au monde depuis vingt (...)
IMG: Soigner l'image des « troupes coloniales » françaises « Bien des indicateurs montrent que les Français ne se sont jamais vu proposer autant d’espace médiatique consacré aux questions militaires depuis la (...)
IMG: La catastrophe rwandaise Plus de vingt-cinq ans depuis la catastrophe. Il y a un quart de siècle, le génocide des Tutsi sonnait le glas d’une humanité optimiste. Srebrenica, en Bosnie, (...)
IMG: Rouen, base arrière des extrémistes rwandais Rouen et la Seine-Maritime, discrètes bases arrière des extrémistes rwandais ces vingt dernières années. Un article de Theo Englebert pour le site Le Poulpe, (...)
22 ans après, 22 inculpés. 22 officiers français. Pourraient s’y ajouter les ambassadeurs de France successifs, Martres et Marlaud, en place avant et pendant (...)
IMG: L'innommable Voilà dix ans que tous les ans paraît cette revue consacrée à l’implication française dans le génocide des Tutsi en 1994, en hommage au travail de Jean-Paul (...)
 Izuba | 2002 · 2020