Génocide Tutsi : nouvelles preuves sur le rôle de la France (Paul Barril)

La rédaction - 26/01/2013
Image:Génocide Tutsi : nouvelles preuves sur le rôle de la France (Paul Barril)

France - Rwanda
EXCLUSIF - Un autre document implique Paris dans le génocide

Des documents saisis chez le capitaine Paul Barril apportent de nouvelles preuves sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi, en 1994, au Rwanda.

Le Parisien (24/01/2013) informait ainsi ses lecteurs du fait que "l’été dernier, à la demande du juge Trévidic, une série de perquisitions menées chez Barril et auprès de son entourage ont permis de mettre la main sur des documents accablants.

Outre la demande de 1000 mercenaires, les enquêteurs ont récupéré des factures d’armes, de munitions et d’hommes, liées à « un contrat d’assistance » passé entre Barril et le gouvernement rwandais et daté du 28 mai 1994. Cartouches, obus, mortiers, grenades… le montant global dépasse les 3 M$."

EXCLUSIF : Un autre document, publié par Jean-François Dupaquier sur le site Afrikarabia, implique Paris dans le génocide : « Après les révélations du Parisien, Afrikarabia apporte un autre document accablant contre le capitaine de gendarmerie français Paul Barril. Il apparaît plus que jamais comme l’homme de main de Paris dans le génocide contre les Tutsis du Rwanda en 1994. »

La lettre d’Augustin Bizimana à Paul Barril

"C’est une lettre de quelques lignes, tapée à la machine.

Signée par Augustin Bizimana, le ministre de la Défense rwandais, elle est adressée « au Capitaine Paul Barril ».

"Monsieur,… la situation dans mon pays devient de plus en plus critique…
Vu l’évolution actuelle du conflit, je vous confirme mon accord pour recruter, pour le gouvernement rwandais, 1000 hommes devant combattre aux côtés des Forces Armées Rwandaises.« La missive insiste sur »l’urgence" de la requête. Elle est datée du 27 avril 1994.

A cette date, le génocide rwandais a commencé depuis trois semaines.

(...)

Lorsqu’il est sollicité par le ministre de la Défense rwandais, le capitaine Barril n’est pas n’importe qui.

"Paul Barril, à cette époque, c’est la France, résume une source judiciaire.
Faire appel à lui, c’est faire appel à la France."

Ancien patron du GIGN, cela fait déjà plusieurs années que, avec sa société Secrets, Barril travaille dans l’ombre, à la demande de François de Grossouvre (un conseiller de Mitterrand), pour le gouvernement rwandais.

Officiellement, Barril est d’abord chargé d’« une mission d’infiltration » au service du gouvernement rwandais, avant d’être sollicité par la veuve Habyarimana pour enquêter sur les auteurs de l’attentat. Officieusement, son rôle est nettement plus discutable."

Lire l’article d’Elisabeth Fleury sur le site du Parisien


Barril : ça sent la poudre !

par Alain Gauthier, président du CPCR

Le Parisien « révèle » aujourd’hui le rôle qu’aurait pu jouer le capitaine Paul Barril dans le génocide des Tutsi au Rwanda. Ces « révélations » ne surprendront que ceux qui ne le connaissent pas.

La lettre d’Augustin Bizimana, ministre de la Défense du gouvernement génocidaire, adressée à Paul Barril le 27 avril 1994, vient confirmer ce que beaucoup d’entre nous répétions depuis des années : Paul Barril, et donc les autorités politiques françaises de l’époque, a joué un rôle déterminant auprès des autorités politiques rwandaises au pouvoir en 1994.

Sa proximité revendiquée avec madame Habyarimana, la veuve du président assassiné, ses apparitions dans les médias lors de la « découverte » de la boîte noire de l’avion présidentiel, sa présence sur les collines du Rwanda en avril 1994, tout cela faisait de lui un témoin privilégié.

Comment imaginer que la Mission d’enquête parlementaire n’ait pas exigé qu’il vienne témoigner ?

Nous aurions même souhaité, il y a bien longtemps, que l’ancien patron du GIGN soit soumis au détecteur de mensonges tellement nous avions la certitude qu’il en savait beaucoup plus qu’il ne le prétendait. La découverte de documents compromettants saisis à son domicile ramènent le capitaine Barril sur le devant de la scène.

Le Parisien précise que, « outre la demande de 1000 mercenaires » réclamés par Augustin Bizimana, « les enquêteurs ont récupéré des factures d’armes, de munitions et d’hommes, liées à un « contrat d’assistance » passé entre Barril et le gouvernement rwandais et daté du 28 mai 1994″.

Le plus choquant, ce sont les réponses que ce monsieur ose faire au juge Trévidic qui l’interroge : pas de contrat d’assistance, pas de factures… « Tout cela c’est de la mayonnaise africaine ». « Une mayonnaise », conclut le journaliste, « de près d’un million de morts ».

Quel mépris pour l’Afrique et les Africains sur le dos desquels il a bâti sa fortune !

Quel mépris pour les victimes du génocide des Tutsi déjà si durement affectés par les lenteurs de la justice française !

Quand on évoque le nom de Barril, ça sent effectivement la poudre. Le juge Trévidic, qui a pris le contrepied du juge Bruguière, arrivera-t-il à faire parler Paul Barril ? Ce serait souhaitable. Cela permettra-t-il aussi de faire enfin la lumière sur la mort de monsieur de Grossouvre, « suicidé » le 7 avril 1994 dans son bureau de l’Elysée ? Rien n’est moins sûr, mais l’étau se resserre : quel a été le rôle exact des autorités françaises de l’époque dans la mise en place du génocide des Tutsi ?

Souhaitons au juge Trévidic de faire un jour la lumière : mais il ne faudrait plus trop tarder.

Près de vingt ans se sont écoulés et les mémoires défaillent, les rescapés disparaissent, ainsi que les bourreaux.

Qui restera-t-il à juger ?

Les procès attendus contre des présumés génocidaires rwandais présents sur le sol français feront-ils exploser ce baril de poudre sur lequel notre pays s’est assis ?

Alain Gauthier, président du CPCR

www.collectifpartiescivilesrwanda.fr

EXCLUSIF : Un autre document implique Paris dans le génocide des Tutsi

Après les révélations du Parisien, Afrikarabia apporte un autre document accablant contre le capitaine de gendarmerie français Paul Barril. Il apparaît plus que jamais comme l’homme de main de Paris dans le génocide contre les Tutsis du Rwanda en 1994.

Le « Contrat d’assistance » retrouvé dans les archives de l’ancien gouvernement génocidaire à Kigali, capitale du Rwanda, est daté du 28 mai 1994.

Il est signé du « Capitaine Barril », élisant domicile à sa société SECRETS, 12, avenue de la Grande Armée, dans le XVe arrondissement de Paris, et porte une seconde signature : « Son Excellence Monsieur le Premier Ministre » Jean Kambanda.

Ce dernier n’était pas une oie blanche : il purge aujourd’hui une peine de prison à perpétuité pour son rôle dans le génocide des Tutsis et le massacre des Hutus démocrates en 1994.

Lire l’article de Jean-François Dupaquier sur Afrikarabia

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 26/01/2013

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« Contrat d’assistance » - Paul Barril & Jean Kambanda
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« Contrat d’assistance » retrouvé dans les archives de l’ancien gouvernement génocidaire à Kigali, capitale du Rwanda, est daté du 28 mai 1994. Il est signé du « (...)

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