Edito

La catastrophe rwandaise

La Nuit rwandaise n°11

Plus de vingt-cinq ans depuis la catastrophe. Il y a un quart de siècle, le génocide des Tutsi sonnait le glas d’une humanité optimiste. Srebrenica, en Bosnie, à quelques heures de route de Marseille, permettait de comprendre qu’il ne s’agissait pas d’une mésaventure exotique, mais bien de quelque chose qui nous concernait tous.

L’extermination du peuple à laquelle on a assisté passivement en Syrie ces dernières années, et qui s’achève dans l’indifférence totale, celle en cours au Yémen, avec l’aide officielle de notre État, entre autres, comme le tout aussi actuel drame du Sahel, pris dans l’étau de la guerre révolutionnaire, confirment au-delà du concevable que nous sommes comme résignés à vivre et mourir dans un monde sans foi ni loi.

Edito

La catastrophe rwandaise

La Nuit rwandaise n°11

L’autre dimension de cette catastrophe que nous vivons depuis un quart de siècle, c’est le fait, mis à jour par tant d’enquêtes, que cette barbarie est produite par les politiques que nous approuvons collectivement deux fois, une première dans les urnes, tous les cinq ans, et une deuxième en payant nos impôts, contribuant au considérable budget militaire, tous les ans.

Cette catastrophe est d’abord mentale, recouvrant la conscience d’une solide chape de cynisme. Celle-ci engendre aussitôt une multiplication de catastrophes humanitaires, où les chiffres de mortalité qui explosent de tous côtés sont simplement vertigineux. On assiste ainsi à une véritable catastrophe politique, tant ce processus mortifère procède d’une carence totale du contrôle démocratique de la politique étrangère. (Et il faudrait également parler d’une catastrophe judiciaire, tant le droit semble n’avoir aucune prise sur ces crimes successifs et cette activité criminelle continue.)

Le phénomène ne serait pas nouveau. Il s’agit même d’une longue tradition. Si de Gaulle osait proclamer son « domaine réservé », on croit savoir que Louis XV pratiquait tout autant une politique arbitraire et secrète, elle aussi « inavouable », bien que largement moins meurtrière.

Les temps républicains prétendent toutefois offrir mieux. S’il est permis de dénoncer combien le Parlement français est tenu à l’écart des prises de décisions en politique étrangère, il ne semble pas qu’on puisse en dire autant des Chambres législatives américaines, qui ont constamment de vrais débats sur la politique internationale de leur État, dont le budget semble rigoureusement contrôlé. Là encore pourtant, ce n’est qu’à moitié satisfaisant, le contrôle parlementaire n’empêchant pas plus les politiques secrètes qui sont la véritable politique des États-Unis comme des autres.

Énième catastrophe, moindre mais de non moindres conséquences, une catastrophe sémantique : l’irruption de l’hydre complotiste. Un sociologue ou un poète trouveront un jour peut-être un nom pour qualifier ces artefacts, idées reçues, idées inculquées en fait, finement ciselées pour s’adapter à la psyché en donnant une image du monde d’autant plus forte qu’en fait crédible. Conséquence plus que néfaste : tout d’un coup toute spéculation est suspecte. Pire : toute information, dès lors qu’elle présuppose ou suggère une intention cachée de l’État, sera ipso facto disqualifiée. Pour que le théorème soit perceptible une énorme production littéraire aura déferlé, sur internet et ailleurs.

On se souvient de ce que la même opération aura déjà été brouillonnée cent fois, depuis les fameux Protocoles des sages de Sion, rédigés par l’agent de l’Okhrana Mathieu Golovinski, mais présenté comme œuvre d’un « grand conseil juif ». Le texte était une reconstitution littéraire de ce que pourrait être le discours du pouvoir, un pouvoir cynique, comme on l’imagine volontiers. La vraie fiction résidait dans l’invention de « l’auteur », Golovinski se mettant dans le rôle de ce pouvoir imaginaire programmant la domination mondiale. Internet regorge aujourd’hui d’exercices semblables, production littéraire qui trouve un plus lointain inspirateur chez un contemporain de Golovinski, Léo Taxil, lequel proposait des preuves de la direction effective de la franc-maçonnerie par le diable en personne mais qui aura la bonté d’avouer sa mystification.

Dès les années vingt, c’est un religieux, apprécié du Vatican, Mgr Juin, qui animera, à Paris, la Revue internationale des sociétés secrètes. L’essayiste Bernard Faÿ prendra sa suite pendant la collaboration, institutionnalisant le SSS, « service des sociétés secrètes ». Henri Coston prolongera cette œuvre dans l’après-guerre, avec Yann Moncomble, passant finalement la main à Emmanuel Ratier, décédé il y a quelques années sans laisser de successeur identifié. On a ainsi une belle lignée d’intellectuels se passant le relai sur plus d’un siècle, comme pour gérer l’héritage de Golovinski, produisant à jet continu « info et intox ». Ces agences visaient plusieurs objectifs, parmi lesquels l’entretien du mythe ciselé par Taxil et Golovinski d’un pouvoir mondial occulte.

Au long du siècle, loin du Lucifer de Taxil ou des Sages de Sion de Golovinski, on aura vu un véritable pouvoir mondial s’installer, de SDN en ONU, jusqu’au G7 d’aujourd’hui. Des institutions fragiles mais non moins puissantes, quand on voit le budget militaire de l’ONU croître plus spectaculairement encore que celui des États, et les arbitrages se faire de « sommet » en « sommet ».

Loin d’une démocratie, certes, ce pouvoir mondial pourrait se voir comme la dictature du Conseil de sécurité, ou comme une co-gérance franco-américaine, tempérée par le droit de véto sino-russe, l’auguste assemblée générale représentant l’ensemble des nations faisant figure de chambre fantoche, dont les résolutions pèseraient encore moins que celle du Parlement européen, c’est dire…

Le rôle de la France est particulièrement intéressant dans cette configuration – ainsi que l’ont souhaité les prophètes de cette mondialisation, non moins nationalistes, et en tous cas attachés à la « mission de la France », ce mythe extrêmement palpable –, l’image de « patrie des droits de l’homme », aussi absurde soit-elle au vu de l’ardoise française en la matière, s’étant imposée planétairement. De Robespierre à de Gaulle, le rôle aura été tenu de façon assez crédible pour que le concept s’impose, les vendéens et les biafrais n’y changeant rien.

On doit particulièrement à de Gaulle l’inspiration d’une diplomatie multi-directionnelle, puisqu’il s’attachera à entretenir les meilleures relations avec la Russie comme avec la Chine, en dépit de l’intensité de la dite Guerre froide, tout en restant fidèle, par nature, à l’Alliance atlantique, et, plus profondément encore à l’ami américain, une relation ancrée depuis Beaumarchais et La Fayette, soit depuis toujours pour les États-Unis. La « troisième voie » recherchée par les nazis jusqu’à aujourd’hui aura été parfaitement incarné par la diplomatie de la Vème République, permettant à Paris d’arbitrer, ou du moins d’influer significativement sur l’arbitrage, pour chaque décision importante du Conseil de sécurité.

L’autre grande inspiration de la diplomatie gaulliste aura été de se tourner vers ce qu’on appelait alors le Tiers-monde. Les pays nouvellement indépendants avaient besoin d’une puissance tutélaire, ne serait-ce que pour faire entendre leur voix au Conseil de sécurité. Ceux d’Afrique étaient circonvenus d’entrée, leurs dirigeants n’ayant à choisir qu’entre collaborer ou mourir. Nombreux sont morts, et les autres collaborent. Dans le reste du monde, la France est apparue comme une alternative, après un bon siècle de joug britannique, et une alternative à la toute-puissance yankee.

Il faut reconnaître ce qui est : de Gaulle joua admirablement pour capitaliser sur tous ces fronts. Le premier à reconnaître Mao, lui envoyant Bettencourt et Malraux ; le défenseur d’une Europe « de l’Atlantique à l’Oural », non moins proche de Moscou que de Pékin ; en même temps qu’il semblait le meilleur avocat du droit des peuples à l’autodétermination, sortant paradoxalement de l’horrible guerre d’Algérie avec l’auréole du décolonisateur…

Cette tactique subtile avait le gros avantage d’être dessinée sur mesure pour tirer le plus de profit des institutions mondiales. On ne s’étonne même pas qu’il n’y ait jamais que des Français à la tête du FMI ou de la Banque mondiale, comme de cette autre agence stratégique, le DPKO, les forces dites de « maintien de la paix », dont Jean-Pierre Lacroix est le sixième français consécutif a être nommé pour diriger cette armée de 100 000 hommes qui interviennent dans le monde entier. Une armée « supplétive » pour laquelle la France contribue à hauteur de 6 % de ce qu’elle coûte, les États-Unis étant le principal contributeur à hauteur de 25 %. Ainsi, les deux États maîtres du jeu prennent en charge le tiers des frais, laissant le reste à la communauté des nations.

France et USA jouent une partition subtile, à laquelle de Gaulle sera parvenu à imprimer des accents particuliers, les deux États restant solidaires sur tous les fronts, mais se répartissant les rôles, tels les deux gendarmes, gentil et méchant, qui enserrent toujours la dialectique planétaire, assez parfaitement, pourrait-on dire, si leur politique n’était pas si coûteuse, sur tous les plans, économique et social, écologique et humanitaire.

Il n’y a pas qu’en Syrie, au Yémen ou en Afghanistan qu’on a à se plaindre de cette cynique et cruelle gouvernance, aussi hypocrite que malfaisante.

On dénonce ici la catastrophe rwandaise, mais on voit comment elle n’aura fait qu’ouvrir une ère de grandes catastrophes, mondialement.

***

Sharon Courtoux. Une grande dame nous a quitté en juillet. Elle avait beaucoup faibli depuis des années, mais on aurait aimé l’interviewer pour ce numéro de La Nuit rwandaise, pour lui demander son bilan à elle d’un quart de siècle de lutte pour la vérité sur la responsabilité française dans le génocide des Tutsi.

Un souvenir personnel : c’était à Biarritz, en 1994. Quelques mois après le génocide. Se tenait un sommet françafricain, d’où le Rwanda post-génocidaire avait été exclu. À la conférence de presse, interrogé par Patrick de Saint-Exupéry, le vieux Mitterrand ne cachera pas son agacement. « De quel génocide voulait-on parler ? Le premier ou le deuxième ? »

Pendant ce temps, dans la salle de conférence d’un petit hôtel, en centre-ville, Survie organisait ce qui s’appelait « contre-sommet africain » mais qui préfigurait parfaitement la Commission d’enquête citoyenne sur les responsabilités de la France qui s’est tenue dix ans plus tard. On pourrait dire que c’en était le premier acte, une “instruction” ouverte au public, avec un défilé de témoins pertinents, sous la présidence de Verschave, avec Sharon comme procureure qui avait le courage d’énoncer l’accusation sans mâcher ses mots, rigoureusement.

Depuis ce jour et jusqu’à sa mort, Sharon Courtoux aura incarné la conscience, la vraie voix de l’indignation, bien avant que Stéphane Hessel y invite. Il fallait entendre sa voix cassante et la grande tension de son accusation, son extrême dureté, tempérée par une rigueur juridique anglo-saxonne soulignée par son accent.

Elle me racontait un jour comment, reçue au Quai d’Orsay où elle avait des questions à poser, elle s’était vu répondre : « Mais Madame, arrêtez ! Si vous continuez comme ça vous n’aurez plus de chauffage l’hiver ! » L’ordre néo-colonial prédateur tombait le masque devant la grande dame indignée.

Je me souviens aussi de Sharon me retenant par le manteau dans l’escalier en colimaçon par lequel on sortait de la Commission d’enquête citoyenne : « Mais Michel, tu ne sais pas tout… » Combien c’était vrai, et combien nous étions heureux de projeter une lumière aussi crue sur le scandale de la république génocidaire, patrie des droits de l’homme. Sharon cherchait la vérité.

Et je me souviens de cet autre jour, où Sarkozy venait d’être élu, et Kouchner déjà ministre, quand arrive la commémoration du 7 avril, pas encore dans les locaux de Médecins du Monde, mais dans une salle au deuxième sous-sol d’une église du XIIème arrondissement. La salle était bondée, et on craignait que le ministre vienne, au risque de protestations. Le ministre n’est pas venu, et il n’y eut aucune protestation dans l’ambiance de recueillement qui préside à ces cérémonies.

C’était aussi le jour de la langue de bois et aucun intervenant ne saura prononcer le mot « France », alors que trônait une gerbe ornée de la cocarde envoyée par Kouchner. Seule Sharon, déjà très affaiblie, parvint à se lever pour dire quelques mots, et se tourner vers les représentants du gouvernement pour marteler qu’on voulait « la vérité, TOUTE la vérité ». Il lui avait suffit de mettre l’accent au bon endroit pour que la salle frémisse. La Pythie, Antigone et la voix du commandeur à la fois. Sharon Courtoux était l’image de la vérité debout. On aura néanmoins désaccordé, avec elle, comme avec Verschave, comme avec nombre de chercheurs de vérité, qui ne cessons de nous chamailler généralement pour se rabibocher, mais Sharon sera toujours restée une amie.

Et c’est Colette Braeckman qui aura, encore une fois, tout dit : Sharon Courtoux aura été « l’honneur de la France engagée », une France «  engagée  » pour la vérité et pour la justice. Les historiens de l’avenir pourront dire qu’il y aura eu une voix dès le premier jour pour protester contre la politique abjecte de l’État. Cette voix s’est éteinte.

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Pierre Péan aussi est mort, un jour avant Sharon. On se souvient comment Péan avait traîné dans la boue Survie. Verschave comme Sharon prenaient quasiment figure diabolique dans sa fantasmagorie. Péan s’abaissait et Sharon comme Verschave se sont grandis en ne poursuivant même pas les diffamations éhontées dont ils avaient fait l’objet, comme d’autres. Péan sera finalement poursuivi non pour ses accusations fantaisistes envers les citoyens les plus dignes, mais pour le racisme flagrant de son livre revendiqué lors de son procès, où il obtiendra néanmoins que la plainte de SOS-Racisme soit déboutée.

Serviteur de l’État, agent de désinformation, spécialisé dans la défense de François Mitterrand, Péan aura plutôt bien fait son boulot, son « client » lui en étant gré jusqu’à la veille de sa mort de l’avoir soulagé de sa casserole cagoularde. Comme Mitterrand, on ne saura jamais de Péan si c’était un vrai nazi ou quelque chose de plus complexe, le nazisme honteux de l’après-guerre consistant à faire s’évaporer l’accusation. C’est le monstrueux cynisme du crime rwandais qui nous aura permis de voir le vrai visage de ces deux faussaires. Pourquoi tant de haine ?

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La question qu’on voulait poser à Sharon, on tentera d’y répondre ici, comme un dernier mot, alors qu’on a le sentiment d’avoir déjà tout dit et redit cent fois. « 25 ans après, qu’en est-il de la vérité et de la justice ? »

On aurait voulu entendre Sharon pour avoir son “sentiment”, ce qu’il reste quand on a tout oublié, après tant de manifestations et de combats.

Il y a là deux questions : la vérité et la justice. On pourrait parler de l’une comme de l’autre extensivement. La « vérité » a certainement beaucoup progressé, puisqu’on a pu accumuler beaucoup d’informations en un quart de siècle, et l’acte d’accusation aura atteint une quasi perfection quand on voit les travaux des chercheurs-citoyens, dans la lignée du travail engagé par Verschave avec le soutien constant de Sharon, qui faisait figure d’aiguillon, ne permettant jamais qu’on atténue l’accusation par esprit tactique de conciliation.

On me permettra peut-être de me souvenir ici que Sharon ouvrira néanmoins la voie à une position « médiane », en dénonçant les crimes ou prétendus crimes commis par l’armée libératrice rwandaise au Zaïre-RDC. Il y avait là un souci humanitaire louable pour les victimes de « l’autre bord », mais aussi comme un besoin psychologique, après avoir soutenu l’effort d’une accusation sans concessions, de se montrer dégagée de tout esprit partisan. Au point de soutenir une accusation pas toujours fondée. Survie hérite à ce jour de la faiblesse de l’analyse appliquée à ce nouveau front. La vérité aura souffert une première fois.

Il aura fallu beaucoup d’efforts, en particulier au sein de l’Agence d’information [1], pour comprendre un peu mieux les nouvelles formes d’intervention coloniale qui affligent, encore et toujours, ce qui s’appelait Congo-belge, cette RDC devenue, semble-t-il, véritable protectorat français, grand terrain de jeu, « laboratoire » d’une méthode originale de contrôle total par le chaos intégral...

La vérité souffrira aussi à Bisesero. Pourquoi aura-t-on refusé de lire et d’entendre les rescapés interrogés par Cécile Grenier, Serge Farnel, Bruno Boudiguet, Matjules ? Près de quatre-vingt témoins interviewés extensivement ont incriminé l’armée française, en fournissant moult détails quant à la participation de militaires « blancs », « français », au très grand massacre du 13 mai, qui fera plus de 50 000 morts.

On appelle ce massacre Igitero Simusiga, l’attaque impitoyable, où “aucun témoin ne devait survivre”, et des milliers de pages à base de témoignages extensifs permettent de s’en faire plus qu’une idée.

Mais cette histoire s’efface dans le débat public derrière le crime de non-assistance, fin juin, dont seront victimes ceux qui avaient survécu ce jour-là. J’étais venu visiter Sharon chez elle, alors que le livre de Farnel était publié depuis peu. Elle l’avait et promettait de le lire, néanmoins sceptique par avance.

Comme si de porter l’accusation jusqu’au bout serait insoutenable...

Pourtant en vingt-cinq ans, on peut témoigner avoir assisté au succès constant de notre combat en dépit de contre-attaques soutenues, dès le départ mais s’intensifiant depuis 2000 au point où l’on peut dire avoir vu se déployer un véritable « négationnisme ». Mais rien n’y fait.

C’est étonnant même de vérifier ce qui serait une sorte d’imputrescibilité de la vérité.

D’année en année, on voit toujours l’État criminel obligé de se défendre, et on ne peut qu’enregistrer ça comme un succès.

Les couches de propagande peuvent se superposer, et c’est effroyable de voir comment elles construisent avec le temps une épaisse bibliographie, au point où beaucoup serait à craindre pour les lecteurs non avertis qui peuvent à tout moment tomber sur ces travaux dont le grand maître, Pierre Péan, n’est plus là pour qu’on l’insulte en face. Mais on voit toujours que la vérité avance, irrésistiblement, et que les constructions sophistiquées de cette pléthorique littérature mercenaire s’évaporent comme neige au soleil, ne tiennent pas plus d’un round et sont remplacées par d’autres, semblables, semblablement sans lendemain.

Était-ce un débat ou une nuance entre Jean-Paul Gouteux et moi, lorsqu’il affirmait, très sûr de lui, que « la vérité sur un génocide finit toujours par voir le jour  » ? J’étais sceptique, connaissant l’histoire de la guerre de 14, et combien la « vérité » sur les responsabilités françaises dans son déclenchement sont encore aujourd’hui loin d’être admises. En chemin, on aura rencontré les responsabilités de l’armée allemande dans l’exécution du génocide arménien. Un siècle après, ce n’est pas secret d’État, mais presque, puisque ça n’intéresse personne.

Disons que j’opposais à Jean-Paul le scepticisme de « celui qui en a vu d’autres » et lui une sorte d’optimisme historique, considérant que la leçon d’Auschwitz s’imposerait pour les siècles des siècles.

De Sarkozy à Macron, en passant par Hollande, tous les présidents successifs ont joué l’air de la réconciliation avec le Rwanda, et promis d’ouvrir les archives et de faire « toute la vérité » que demandait Sharon.

Quoi qu’il fasse, l’État est comme assiégé par son propre crime. On regardait un récent débat à Sciences Po, où intervenaient l’amiral Lanxade et Guillaume Ancel. Lanxade pouvait fournir une version officielle parfaitement lisse, alors qu’Ancel y tenait le rôle de l’accusateur. Ce débat mériterait qu’on s’y arrête, car, vingt cinq ans après, dans l’enceinte de cette école par laquelle passent les futurs dirigeants, ce qui se dit, ce qui se pense, est une sorte de miroir parfait de l’état général de la question après un quart de siècle d’investigations et de débats.

Surtout un tel événement est intéressant parce qu’il permet de recueillir le témoignage de celui qu’on peut considérer comme le principal responsable vivant, François Mitterrand ne pouvant plus répondre que par l’entremise de ses adjoints, Védrine ou Quesnot, qui n’étaient que ses adjoints et n’avaient le pouvoir que de transmettre les instructions présidentielles. L’amiral Lanxade, lui, aura été d’abord chef d’état-major particulier du président, de l’intervention de 1990 à son remplacement par Quesnot, en 1992. Il sera ensuite chef d’état-major des armées, soit leur grand patron. En même temps était institué le COS, commandement des opérations spéciales, qu’on a déjà qualifié de grand état-major du génocide. Or, le patron du COS, c’était aussi le chef d’état-major des armées, c’était Lanxade.

Devant Sciences Po, le témoignage de l’amiral sera précieux quand il précisera que justement ces années-là, après la guerre du Golfe, la réorganisation de l’armée à laquelle il sera alors procédé – soit avec la création du COS, énorme innovation dont il pourrait sans difficulté revendiquer la paternité – permettait un contrôle parfait des opérations, le Président et le chef d’état-major ayant les pleins pouvoirs pour mener la politique déterminée par le Président, sans en référer à qui que ce soit d’autre. Lanxade tient néanmoins à rappeler le rôle des Conseils restreints, également institués alors, qui associaient le gouvernement, et particulièrement le premier ministre, à toute décision importante.

On touche là à des nuances intéressantes. Car on peut considérer effectivement que dans la chaîne des responsabilités le Premier ministre passe avant le chef d’état-major. C’est certain, et ce serait indiscutable s’il n’y avait justement le COS, qui permettait au Président de diriger effectivement les unités en action sur le terrain sous le sceau du plus grand secret. Les actions les plus secrètes, parmi lesquelles bien sûr les actions proprement génocidaires, n’avaient à être connues de personne. Sauf de Lanxade qui les ordonnait, avec le renfort de Quesnot, ou de Védrine, sous la direction de Mitterrand.

On nous accusera à raison de spéculer sur ce qui par définition ne peut se connaître, puisque c’est couvert par le secret défense.

Me souviens d’un jour, après que la Mission Quilès ait remis son rapport, où se réunissaient à Médecins Sans Frontières un ensemble d’associations, dont Survie avait été scandaleusement écartée, mais qui pouvaient s’enorgueillir d’avoir suscité la mission d’information parlementaire qui achevait ses travaux, ayant réclamé avec véhémence une commission d’enquête quelques mois plus tôt, dans la foulée des magnifiques articles de Saint-Exupéry parus dans Le Figaro pour le centenaire de J’accuse.

On convenait là que la Mission Quilès n’avait pas si mal travaillé, mais restait la question de savoir s’il y aurait matière à des poursuites judiciaires envers les responsables politiques ou militaires. L’analyse juridique de MSF tombait alors : non, ce n’était pas la peine d’aller chercher plus loin puisqu’il y avait le secret défense.

On était, et on reste, face à ce scandale majeur de politiques criminelles auto-immunes puisqu’autorisées par avance à ne jamais avoir à rendre de comptes, tous les actes administratifs la constituant étant classés top secret, interdits à l’observation, le délai officiel d’ouverture des archives garantissant a priori aux responsables de n’avoir jamais à répondre.

Au vingtième anniversaire, la polémique faisant toujours rage, François Hollande aura promis l’ouverture de ces archives, tout en prenant la précaution de demander d’abord aux diverses administrations d’établir la liste des pièces qu’elles considéraient pouvoir communiquer. Une fois ce travail accompli, et toutes les pièces compromettantes soigneusement écartées, bien sûr, les quelques documents sélectionnés pour être rendus publics sont quand même restés secrets, en vertu de dispositions testamentaires ubuesques de François Mitterrand. Ainsi, sa secrétaire, Dominique Bertinotti, serait autorisée à refuser l’accès aux archives de l’État, comme s’il s’agissait d’archives personnelles du citoyen Mitterrand, ex-président. Comble du processus régalien, quand le pharaon peut entraîner dans sa tombe les archives de l’État...

Ce qui n’empêche que, comme on sait, un large échantillon de ces archives a déjà été diffusé, et même édité par les éditions Aviso en complicité avec l’Esprit frappeur.

Lanxade pouvait tranquillement dire à Sciences Po qu’il ne craignait en rien la commission d’historiens nommés par Macron pour éventuellement examiner quand même ces archives. Il sait, lui, ce que les historiens verront, et pour cause, puisqu’il aura lui-même veillé à ce que ce tri soit bien fait.

Le principe même du tri ordonné par Hollande était déjà largement abusif. S’il y a enquête, d’imposer comme préalable que les responsables aient tout loisir de procéder à toutes les dissimulations de preuves dont ils auraient besoin, ce n’est pas vraiment vouloir la vérité.

Le COS a été institué pour se prémunir d’emblée contre toute curiosité malsaine. Non seulement secret, il ne laisse pas de traces, les instructions ne circulant que par voie orale et par l’entremise de téléphones « sécurisés » dont les conversations s’envolent et ne sont enregistrées nulle part, ni enregistrables, puisque savamment brouillées.

Le plus coriace des juges d’instruction, les historiens les plus madrés, les commissions d’enquête les plus déterminées comme les citoyens les plus acharnés, tous butteront sur cet os : le COS. L’empire du secret.

Nous aurons réussi à contourner ce monstre administratif qui abrite le crime, en allant écouter les victimes, et même certains tueurs, pour voir ce qui pourrait bien avoir été la plus grande de ces « opérations spéciales », le 13 mai 1994, à Bisesero.

Ainsi, on ne dispose d’aucune pièce administrative, mais en recoupant avec toutes les sources, y compris les témoignages de militaires, on parvient à une reconstitution assez précise du déroulé de l’action comme du fonctionnement des unités d’élite qui seront intervenues là.

Mais qui pourra jamais démontrer que Lanxade a ordonné ça, et que Mitterrand et Quesnot étaient forcément complices ?

L’objection des juristes de MSF ne tient pas dès lors que le responsable en chef lui-même, le chef d’état-major, explique comment il contrôlait parfaitement les opérations sur le terrain.

On comprend que l’ouverture des archives soit réclamée avec tant d’insistance par les responsables politiques comme militaires. Car ces archives archi-filtrées, c’est leur dernière ligne de défense.

Ce n’est pas faire le devin que d’imaginer qu’après un tel filtrage il n’y ait rien d’explosif, et d’ailleurs Lanxade le confirme.

Par contre, on aura déjà pu y travailler, à ces archives dites « de Mitterrand », puisqu’une fuite, vraisemblablement volontaire, a permis qu’on connaisse depuis longtemps maintenant un dossier très proprement constitué par le secrétariat de la présidence, et manifestement trié pour éventuelle diffusion. Un dossier possiblement réalisé pour Pierre Péan et que tous les spécialistes avaient fini par consulter tant les PDF circulent facilement. Depuis des années disponible aux catalogues d’Aviso et de l’Esprit frappeur sans que personne s’en avise, il n’est jamais demandé.

Document exceptionnel pourtant. Où l’on découvre, ce que les historiens savent depuis toujours, que, même en ne disant rien, les documents parlent. Tous disent quelque chose, et certains en disent trop, malgré le soin mis à écarter les pièces compromettantes.

C’est ainsi que certains débats historiques n’ont plus lieu d’être, depuis qu’on connaît le contenu des réunions de Conseil restreint, où la parole du Premier ministre, Édouard Balladur, ou celle du ministre de la coopération, Michel Roussin, devrait suffire à les incriminer, l’un comme l’autre, et leur interdit en tout cas de faire porter la responsabilité à Mitterrand seul. Même s’il est manifeste que celui-ci les manipulait, ils n’en étaient pas moins complices actifs, et volontaires, Balladur se retrouvant formellement décisionnaire, Mitterrand faisant mine de lui accorder ses prérogatives de gouvernant.

On connaît la conséquence des décisions que prenait ce Conseil restreint : c’est le génocide intervenu en avril 1994.

Le temps a passé et le général Varret lui aussi a publié ses mémoires. Année après année on aura dit et répété ici combien les débats sont en fait clos depuis longtemps.

Me souviens aussi de ce jour, début 1996, où je m’avisais du document signé du colonel Rwabalinda, lequel avait été envoyé à Paris par le gouvernement intérimaire, et attestait de sa rencontre avec le général Huchon, pendant le génocide, où il n’était que question de comment organiser le soutien français aux forces génocidaires. Ce document avait déjà été publié par Survie plusieurs mois plus tôt, et je ne m’en étais pas aperçu, on aura omis de le signaler. On cherchait une preuve ? On l’avait. Que voulait-on de plus ?

Ainsi, de la vérité, on peut dire que ses aventures sont contrastées, mais au fond, en dépit de notre extrême faiblesse et de la force du lobby adverse, on peut sans problème sortir de ce quart de siècle la tête haute. La vérité n’aura fait qu’avancer, et nous y aurons contribué. Les principaux polémistes sont morts, les meilleurs livres quasi interdits de diffusion, les enquêtes entravées, les chercheurs exilés ou déprimés, et rien de tout ça n’aura pu empêcher que les faits, irrésistiblement, s’imposent.

Mais de la justice, que peut-on dire ? La véritable honte de l’humanité, celle de l’Onu, de nos États et de nous tous, c’est qu’en dépit de toutes ces responsabilités occidentales peu ou prou reconnues, on en soit toujours à ce que les victimes ne sont pas indemnisées, d’aucune façon, ni même minimalement.

***

Un numéro double après deux bonnes années d’absence, qui prouve qu’il reste encore tant à dire après en avoir tant dit. Comme une matière inépuisable, l’horreur n’en finit pas de se découvrir, l’image se précisant chaque fois plus, au point où l’on comprend que cette étude apporte finalement un point de vue unique sur l’État criminel, auquel il est certain qu’il faut mettre un terme, tant sa dangerosité est avérée et constante.

Ainsi, pour clôturer cette série d’une douzaine de Nuit rwandaise, on peut annoncer ici notre projet d’une nouvelle revue, destinée à se décliner sous divers formats, Guerre moderne, laquelle se consacrera, au-delà des Grands Lacs, a décrire la généralisation des méthodes de « guerre révolutionnaire » que nous avons découvertes au Rwanda, puis en RDC, et qui s’appliquent maintenant indifféremment en politique étrangère et en politique intérieure, en France comme ailleurs. La montée planétaire de la violence policière, de Beyrouth à Hong Kong en passant par toutes les villes de France, comme aux États-Unis, n’en est qu’un des indicateurs les plus manifestes. On voit ainsi le savoir faire français en matière de contre-insurrection s’exporter allègrement.

Plus encore les peuples du Sahel sont aujourd’hui soumis à une effroyable expérience de guerre totale, les apprentis sorciers du COS prenant le désert saharien pour terrain de jeu, espérant régner longtemps là, dans un monde qu’ils parviendraient à complètement disloquer.

Ainsi, au fil de ces onze numéros et de ces vingt-cinq ans d’études, s’est peu à peu dégagée l’évidence que ce n’est pas d’une page d’histoire qu’il s’agit, mais bien d’un phénomène en perpétuelle évolution, et même en expansion, la vérification de son impunité ayant permis que les fous se lâchent…

On découvre, à retard – comme si souvent pour les politiques secrètes dont on détourne spontanément le regard, puisqu’elles présentent un tableau illisible dans une presse qui ne remplit sa fonction que par intermittence –, le scandale de l’engagement des forces spéciales sous COS dans la guerre civile libyenne, aux côtés du « maréchal » Haftar, des Égyptiens, des Russes et des Saoudiens… Contre un gouvernement légitime qui bénéficie d’un soutien populaire unanime face à l’agression militaire coloniale. Après quarante-deux ans de Kadhafi, les Libyens ne veulent pas du nouveau dictateur militaire que Macron tente d’imposer par la force.

Les informations sont rares mais on a vu passer ces trois morts des forces spéciales françaises, comme ces missiles américains saisis par les forces gouvernementales lors de la prise d’une base de Haftar, missiles sol-sol, anti-tanks, d’une catégorie réservée à l’armée américaine et à ses meilleurs amis. Ils avaient été confiés à la France et on les trouvait entre les mains d’Haftar. Paris s’est défendu en affirmant que ces missiles étaient du matériel de « renseignement » pour les unités sur place... Une guerre non déclarée, en association ouverte avec les États parmi les plus anti-démocratiques du monde, la Russie et l’Égypte, l’Arabie saoudite. Contre un gouvernement légitime, « reconnu par l’ONU », ainsi que c’est inévitablement rappelé à chaque fois qu’on en parle.

Ainsi, la France, membre permanent du conseil de sécurité, et à la tête du DPKO, chargée du maintien de la paix conformément aux vues de l’ONU, anime simultanément une guerre « secrète », qui, bien loin d’une promenade militaire, rallume la guerre civile et la radicalise.

On pourrait remercier Le Drian et Macron d’avoir clarifié les débats, en misant sur un aspirant dictateur, ce qui produit le merveilleux effet de ressouder le peuple libyen en défense de la démocratie.

Il n’en reste pas moins absolument scandaleux que l’armée française puisse ainsi intervenir ouvertement dans un conflit sans que cela fasse l’objet d’un sérieux débat public, au moins au Parlement. Tous les partis devraient protester, et les journaux s’indigner...

Bien sûr qu’une réaction citoyenne s’impose, mais dans l’attente d’une prise de conscience dont il y a des raisons de douter qu’elle survienne là, il y a le travail consistant à observer de quoi sont faites ces politiques, les mettre à nu autant que faire se peut, et les dénoncer, faire ce qu’on appelle du journalisme, « porter la plume dans la plaie », comme disait Albert Londres.

MS

LA NUIT RWANDAISE

La Nuit rwandaise 11 - Volume 1 | La Nuit rwandaise 11 - Volume 2

LE TARTUFFE OU L’IMPOSTEUR / ARCHIVES & TÉMOIGNAGES / LES FAITS SONT TÊTUS / DOCUMENTS / NEGATIONNISME ET EGLISE / RWANDA, DEMAIN / LA NUIT BURUNDAISE / LA NUIT CONGOLAISE / DOCUMENTS / DOSSIER DGR / RWANDA, ILS ECRIVENT / REMERCIEMENTS

Sommaire

MICHEL SITBON
Éditorial

# LE TARTUFFE OU L’IMPOSTEUR

EMMANUEL CATTIER
Sharon Courtoux combattait Pierre Péan

JEAN -PIERRE COSSE
Les aveux d’apparat de Bernard Kouchner

CRIS EVEN
Edwy Plenel et le génocide des Tutsi

# ARCHIVES & TÉMOIGNAGES

LNR
Interview de Vincent Duclert - Commission de recherhce sur les archives

CYRIL HAUCHECORNE
Faîtes parler les archives du génocide !

FIDH, LDH, SURVIE
Les juges d’instruction cèdent la place aux historiens

YVES COSSIC
Jean Chatain : un témoin essentiel

YVES COSSIC
Jean

JEAN-FRANCOIS DUPAQUIER, JACQUES MOREL
Jean Chatain, un journaliste qui aimait les Rwandais

RUTAZIBWA PRIVAT
Janvier - Mai 1994 : J’étais dans le CND assiégé

# LES FAITS SONT TÊTUS

JEAN DAMASCENE BIZIMANA
Des faits marquants la préparation du génocide au cours des mois de mars 1991 à 1994

JEAN DAMASCENE BIZIMANA
Le rôle complice des ambassadeurs français au Rwanda entre octobre 1990 et avril 1994

ALAIN GAUTHIER
Génocide des Tutsi : 25 ans après le génocide, où en est la justice française

JACQUES MOREL
Le rôle de la BNP pendant le génocide des Tutsi

MICHEL SITBON
Il y a vingt ans, la BNP et la guerre généralisée

DANIEL LE SCORNET
Bisesero, une si longue résistance

LUIGI ELONGUI
Bisesero : l’ombre du COS et du 1er RPIMA

JACQUES MOREL
Le Gouvernement intérimaire rwandais dans la zone humanitaire Turquoise

JEAN-PIERRE COSSE
Quelle politique africaine de la France pour une reconnaissance du Rwanda ?

# DOCUMENTS

LNR
Disqualification et invivibilisation des recherches citoyennes

FRANCE GENOCIDE TUTSI
Lettre d’information numéro 1

FRANCE GENOCIDE TUTSI
Lettre d’information numéro 2

JACQUES MOREL
Les documents passés sous silence par la Mission d’information parlementaire sur le Rwanda

Rapport sur rôle des officiels français dans le génocide contre les Tutsi

LNR
« Aucun média français n’en a fait part »

Cunningham Levy Muse
Synthèse et observations
Conclusion du Rapport & Recommandation au gouvernement du Rwanda

France Diplomatie
Point presse du 14 decembre 2017

# NEGATIONNISME ET EGLISE

DR JEAN MUKIMIBIRI
Débats et combats sur le champ de bataille de la qualification d’un génocide

PHILIBERT MUZIMA
Élie Ndayambaje - Les jérémiades d’un génocidaire impénitent

JEAN NDORIMANA
À quand les sanctions canoniques pour les clercs rwandais coupables de génocide ?

ANTOINE MUGESERA
Un nouvel avatar du négationnisme

# RWANDA, DEMAIN

JEAN LUC GALABERT
Puiser dans la langue rwandaise des héritages féconds

ANDRÉ TWAHIRWA
Rwanda : retour sur un modèle politique endogène

ANDRE TWAHIRWA
Occident et Afrique : deux types de solidarité, deux formes de démocratie

ISAÏE NZEYIMANA
De l’histoire pragmatique à l’histoire réfléchie - le cas du Rwanda

PHILIBERT MUZIMA
Votre paix sera la mot de ma nation

# LA NUIT BURUNDAISE

LNR
Burundi : « ils savent »

LNR
Entretien avec Maître Bernard Maingain et Maître Alain Detheux

LNR
Entretien avec Innocent Muhozi : ils créent les conditions qui endront possible un génocide au Burundi

DR ALPHONSE RUGAMBARARA
Accord d’Arusha, ce qu’il aurait fallu savoir

DR ALPHONSE RUGAMBARARA
Les quarante jeunes martyrs de Buta

# LA NUIT CONGOLAISE

LUIGI ELONGI
Beni, l’abattoir

LUIGI ELONGI
Carnage au bord du grand fleuve

# DOCUMENTS

BRUNO BOUDIGUET
SIMUSIGA le génocide à l’arme de guerre contre les Tutsi

BRUNO BOUDIGUET
Eto / Nyanza-Kicukiro : « il pleuvait des balles et des grenades »

BRUNO BOUDIGUET
Centre Psychiatrique de NDERA : « des impacts de balle partout »

# DOSSIER DGR

GUERRE MODERNE
Un observatoire de la guerre guerre contre les populations

CYRIL HAUCHECORNE
De la guerre moderne

JEAN-LUC GALABERT
Communisme, anticommunisme et décolonisation de l’Afrique

JEAN-LUC GALABERT
L’option de la guerre anti-subversive, dite « guerre révolutionnaire »

# RWANDA, ILS ECRIVENT

LNR
Soigner l’image des « troupes coloniales » françaises

MICHEL SITBON
Tintin à Bisesero

MICHEL SITBON
Jean Varret : du Biafra au Rwanda, trois millions de morts

# POESIE

YVES COSSIC
Poèmes dédiés à une sauvée

# REMERCIEMENTS

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