La France au coeur du génocide des Tutsi



Présentation du livre L'auteur



Accueil du site > Présentation > L’attentat du 6 avril

L’attentat du 6 avril

Télécharger le fichier pdf

Afin de vous donner une idée du travail de collecte d’informations et d’analyse qui a prévalu lors de la rédaction de La France au cœur du génocide des Tutsi, vous pouvez consulter le chapitre du livre qui concerne l’attentat du 6 avril 1994, attentat qui a été le prétexte au déclenchement du génocide.

L’attentat du 6 avril : pistes pour une enquête jamais faite

La question de l’attentat du 6 avril 1994 a été maintes fois traitée mais jamais résolue, quoique, en France, une accusation contre le FPR soit devenue vérité par la force des médias et l’aura d’infaillibilité de la justice antiterroriste.

Les enquêtes ont le plus souvent consisté à envisager des hypothèses sur l’identité de ceux qui ont abattu l’avion, à peser leurs motivations ou à faire des scoops autour de témoignages de transfuges du FPR qui accusaient Paul Kagame du crime. Il n’y eut en fait aucune enquête sérieuse.

Nous reprenons ici le dossier, en essayant de sélectionner dans toute l’information disponible tous les faits qui semblent sûrs ou du moins qui semblent attestés par des témoins. Dans cette collecte, nous n’avons pas d’attitude sectaire et citons par exemple Charles Onana pour les informations qu’il obtient de la famille Habyarimana, alors que nous ne partageons pas ses conclusions. Ces faits étant recueillis et affectés d’un certain degré de fiabilité, nous passons en revue les différentes théories et accusations.

Enfin, nous donnons une réponse en terme de probabilité à la question posée. La publication du rapport Mutsinzi vient corroborer notre conclusion en apportant de nombreux témoignages directs sur les événements du 6 avril 1994 et des jours précédents. Nous en reprenons ici quelques-uns. Ils ont l’avantage d’être vérifiables par un juge qui voudrait bien se déplacer pour enquêter. Quant à l’enquête du juge Bruguière, elle s’est dégonflée comme une baudruche, le principal témoin ayant, selon ses dires, tout inventé comme nous le pressentions.

Sans toutefois réussir à identifier les auteurs de l’attentat, nous sommes désormais quasi certains de connaître la faction qui l’a organisé.

Début avril 1994, la situation au Rwanda est relativement calme par rapport à la fin du mois de février, mais elle est lourde de menaces. Le président a réussi à différer jusqu’alors la mise en application des Accords d’Arusha, il a réussi à diviser les partis d’opposition, de sorte qu’il peut espérer raisonnablement disposer d’une majorité de blocage dans les futures institutions. La communauté internationale le presse de les mettre en place. La dernière argutie du président est d’exiger la présence de la CDR dans les futures institutions.

Celle-ci s’est toujours battue contre les accords de paix mais, maintenant, elle proteste contre son exclusion des institutions de transition prévues par ceux-ci. Le FPR refuse la CDR dont l’objectif contrevient au Code d’éthique, partie intégrante du Protocole d’accord relatif au partage du pouvoir.

À l’instigation de M. Booh-Booh, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, les diplomates des pays garants des accords de paix, nonce apostolique en tête, prient, en un appel solennel le 28 mars, les parties d’appliquer les accords et demandent l’intégration de la CDR dans les institutions de transition.

Le 5 avril, le représentant de la France au Conseil de sécurité plaide pour l’entrée de la CDR dans les nouvelles institutions.

(...)

Lire la suite de ce chapitre sur l’attentat dans le document pdf ci-dessous :

PDF - 11.3 Mo