Conclusion : L’État français, État criminel
La conclusion de La France au cœur du génocide des Tutsi qui fait un résumé des apports de l’ouvrage : Au terme d’une enquête commencée il y a plus de 8 ans, trop fragmentaire pour faire œuvre d’histoire,
mais réunissant suffisamment d’indices pour juger, en tant que citoyen, du rôle de notre pays, la France,
quoique nous n’ayons pas encore dépouillé tous les documents à notre disposition et que beaucoup de
témoins restent à entendre et de documents à découvrir, mais constatant qu’en règle générale toute
nouvelle information concernant le rôle de la France au Rwanda de 1990 à 1994 ne fait qu’augmenter les
charges contre elle, nous pouvons dégager les conclusions suivantes : En 1994, le Rwanda a été le théâtre de massacres qui ont été qualifiés par l’ONU de génocide des
Tutsi, selon la définition adoptée à l’article II de la Convention pour la prévention et la répression du
crime de génocide. Le groupe tutsi a été défini comme une race par les colonisateurs européens. Il fut
désigné plus tard comme un groupe ethnique. Les Tutsi ne sont ni une ethnie ni une race mais sont un
groupe qui a, depuis l’époque coloniale, été clairement identifié sur tous les documents administratifs et
en particulier sur les cartes d’identité. D’avril à août 1994, et même plus tard encore, la mention tutsi
sur les cartes d’identité signifiait la mort. La reconnaissance de ce génocide a été volontairement retardée
Le génocide des Tutsi du Rwanda est le premier génocide reconnu depuis l’adoption par l’ONU de cette
Convention en 1948. Alors qu’il aurait pu être empêché dès le 9 avril, jour d’arrivée des troupes françaises,
ou être reconnu comme un génocide dès la fin du mois d’avril 1994, plusieurs membres du Conseil de
sécurité, dont la France, se sont opposés à ce qu’il le soit. Il l’a été le 28 juin 1994 par le rapporteur spécial
de la Commission des Droits de l’homme de l’ONU, M. René Degni-Ségui. À ce moment-là encore, alors
que des troupes françaises étaient sur place avec un mandat des Nations Unies, sous chapitre VII de la
Charte de l’ONU, plusieurs membres du Conseil de sécurité, dont la France, présentèrent la résolution 935
du 1er juillet qui différait la reconnaissance du génocide en demandant au Secrétaire général de l’ONU,
M. Boutros Boutros-Ghali, de nommer d’urgence une commission d’experts. Ce dernier ne les nomma
que le 1er août. Pourquoi fallait-il qu’ils soient francophones ? Ils rendirent des conclusions le 4 octobre
1994 qui ne faisaient que confirmer ce qu’avait déjà écrit Degni-Ségui, trois mois auparavant. Mais à cette
date, le génocide était consommé, faisant environ un million de morts. Les assassins étaient à l’abri au
Zaïre et les troupes françaises reparties. Les Nations Unies, et en particulier les 5 membres permanents
du Conseil de sécurité, se sont limités à faire poursuivre les auteurs de ce génocide devant un Tribunal
international créé le 8 novembre 1994, mais ne l’ont ni prévenu ni combattu quand il a été exécuté sous
les yeux de tous. Ce génocide a été exécuté par le Gouvernement intérimaire rwandais, son armée, sa gendarmerie, son
organisation de l’autodéfense populaire, ses autorités administratives et par les partis représentés dans
ce gouvernement et leurs milices ; les concepteurs de ce plan d’extermination étant à identifier. Un de ses
aspects les plus horribles est qu’une large partie de la population, endoctrinée par des idéologues utilisant
les moyens modernes de radiodiffusion et de mise en condition psychologique, a participé aux massacres.
L’accusation la plus répandue était que les Tutsi voulaient prendre le pouvoir et tuer tous les Hutu. L’idéologie diffusée avant et pendant le génocide s’inspire du mythe hamitique selon lequel les Tutsi
sont une race à part, venue d’Éthiopie, qui a envahi le Rwanda. Cette croyance a été enseignée par les
missionnaires catholiques, les Pères blancs en particulier, avec d’autant plus de force que c’est eux qui ont
inventé la forme écrite de la langue parlée par tous, le kinyarwanda, modelant ainsi les esprits des éduqués
suivant leurs théories. Ils ont d’abord suggéré aux colonisateurs européens que les Tutsi étaient une race
supérieure qu’il fallait utiliser pour administrer le pays, percevoir les impôts, rendre la justice et convertir
la population à la foi chrétienne. Mais lorsque, dans les années 1950, cette élite tutsi se mit à revendiquer
l’indépendance du pays et à contester le monopole de l’Église sur l’enseignement, une nouvelle génération
de missionnaires, voulant sauver ce royaume chrétien du péril communiste, se mit à dénoncer dans les
Tutsi des féodaux aristocrates qui opprimaient les Hutu et les réduisaient en esclavage. Ils persuadèrent
les Hutu qu’ils devaient se débarrasser du « joug féodal » des Tutsi. Ils allèrent même jusqu’à dénoncer
les Tutsi comme des colonisateurs, s’octroyant à eux-mêmes et aux Belges le rôle d’émancipateurs des
Hutu. (...) Lire la suite de la conclusion sur le document pdf suivant (59 pages) :
Résultats factuels
Les massacres de Tutsi en 1994 sont un génocide
Ce génocide a été exécuté par le Gouvernement intérimaire rwandais
Origine de l’idéologie génocidaire


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